lundi 27 octobre 2008

48 jours

C'est ce jour seulement que j'ai rangé mes affaires, vidé mes sacs, repris possession de mes placards. Je peux maintenant faire le tour de mon lit sans faire le grand écart, entre 2 zones de 20 cm2 laissées libres et des tas de vêtements, de cadeaux, de livres.

Il y a 10 jours j'avais reçu mon dernier colis posté de Bombay il y a 3 mois. A l'intérieur tous mes achats de Singapour, des T-shirts, des robes, des chaussures. De quoi pardonner l'employé de la Poste qui m'a réveillé un samedi à 9h30. Le moment qui a suivi le départ du dit monsieur fut un grand bonheur, pas loin d'un Noël puissance 10, mais en solitaire, et avec des petites danses dans mon salon, enroulée dans mon plaid en poil de Yack rapporté de Dharamsala.

Il y a 15 jours j'ai mangé indien, pour la première fois depuis mon retour.

Il y a 37 jours je me suis mise à chercher du travail activement.

Il y a 48 jours j'atterrissais à Orly.



48 jours. C'est donc le temps qu'il m'aura fallu pour arriver vraiment !

lundi 22 septembre 2008

Heureux qui comme Ulysse*

Parisienne depuis une dizaine de jours j'ai retrouvé mon appartement, et une forme qui, si elle n'est pas éblouissante, me permet de reprendre une activité normale :). Par là j'entends la recherche d'un emploi -ô joie- et la reprise d'une vie sociale.

Je ne sais pas encore ce qu'il adviendra de ce blog. On peut lui prévoir un long sommeil jusqu'au prochain voyage, ou au contraire, d'être le théâtre de quelques découvertes, portraits et humeurs... Dieu seul le sait. Je ne suis pas dieu (me dit-on). Je ne le sais pas.


*
Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme celui-là qui conquit la Toison
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Joachim du Bellay

samedi 13 septembre 2008

Passager clandestin

Shigella. C'est son petit nom, qui sonne doux à l'oreille pour éviter de dire "dysenterie".
Je suis rentrée avec elle à Paris quelques jours plus tôt que prévu.

Une visite à la consultation maladies tropicales de St Louis pour l'identifier à priori, une assiette de pâtes et un litre d'eau plus tard, je reprends des forces pour passer au dessus de la barre du zéro énergétique et remplumer mon corps qui y aura laissé quelques 4 kilos.

Alors voilà. Après 7 jours en Syrie dont 4 à regarder le plafond étendue sur un lit en "attendant que ça passe", je suis rentrée. "A la maison". Comme dirait l'autre : To be continued...


A tous des bises, et à bientôt.

dimanche 7 septembre 2008

Syrie Syrie Syrie !

A enoncer sur le ton de "Kiri Kiri Kiri !"


En Syrie, il y a du Kiri.

Marion dit que le pays est bruyant. Florent dit qu'il n'y a pas de fromage. Moi je dis que, Ramadan aidant, c'est extremement calme et reposant, et qu'il y a PLEIN de fromage (du Kiri, de la Vache qui rit, du Roquefort).

mercredi 3 septembre 2008

Quand l'Inde vous prend aux tripes

D'aucun se demande souvent, lors d'un voyage, de vacances ou autre visite aux proches : "Mais, qu'est ce qu'on fait pour notre dernier soir ???". Oui. Car l'enjeu est grand. Des derniers souvenirs on garde souvent une impression forte, et on ne voudrait pas que "la derniere soiree" vienne tout gacher.

J'ai passe ma derniere soiree en Inde, que dis-je, ma nuit, d'une facon tout a fait particuliere. Memorable si je puis dire.

Je l'ai passee a vomir, chier de la flotte*, et me tordre de douleur entre les deux.


Je traine actuellement mon corps deshydrate dans l'aeroport de Bahrein, un air de deja-vu. Je pressens que voir Florent et Marion** a mon arrivee a Damas dans quelques heures sera une benediction.
Dois-je le preciser : j'ai hate.


*Ecart de langage tres peu chic, deja utilise precedemment, auquel aucun synonyme poetique n'a ete trouve. Si chagrin, se plaindre a la redaction.
**Mon frere, pas celui qui vient juste apres moi, celui d'encore apres, et sa copine.

mercredi 27 août 2008

Live and let live

Arrives le 26 aout a Mc Leod Ganj, dans l'Himachal Pradesh (en haut a gauche, mais pas tout en haut non plus), perches a 1700m d'altitude, nous savourons depuis la fraicheur, la pluie parfois, le brouillard, et le calme. Mc Leod Ganj heberge le secretariat general du gouvernement tibetain en exil. Ici, moines et refugies donnent le ton tranquille de la philosophie bouddhiste, "live and let live".
Je n'en traduirais pas ici la signification. Parce que depuis peu, c'est officiel, tous les membres de ma famille parlent anglais. Vous allez me dire "et les autres, on s'en fout ?"*.

Tous les membres de ma famille parlent anglais, donc. Nous sommes 8. Et jusqu'alors ma (pauvre) mere, ayant etudie le russe a l'ecole, ne panait rien quand on causait english. Bavarde comme elle est (les chiens ne font pas des chats, bla, bla, bla), et baroudeuse comme elle est (les chiens... ), vous imaginez sa frustration. Et son agacement -justifie- a nos rires quand elle se lancait vaillament dans la prononciation "a l'anglaise francise facon Agnes".

Je vous informe avec fierte et admiration que ma mere, Agnes Coulon, est actuellement en stage intensif d'anglais a Londres. Elle partage tous les matins ses professeurs avec des etudiants de 18 ans, et consacre ses apres-midi a ecumer les musees. Elle subit les maniaqueries d'une famille d'accueil pointilleuse sur les horaires, et partage leur hospitalite avec une jeune italienne de 20 ans, l'age d'Anne-ma-soeur-Anne. Elle s'est meme fait un pote dans l'avion, joueur de banjo de son etat, et qui l'a emmene faire une ballade en voiture dans Londres le premier soir.
Je serais sa mere, je m'inquieterais !!!

Mamoune, je te fais une petite reverence bouddhiste, doublee d'une choregraphie bollywoodienne. T'as la classe. :)




*Bin ouais, un peu. Nan mais les autres vous etes tous bilingues j'en suis sure.

vendredi 22 août 2008

Pierre prend la plume...et il n'est pas content

Bonjour,
A l'invitation de notre hote bloggeuse preferee, je prends la plume, ou plutot le clavier (qui, je vous le rappelle est un clavier QWERTY, ce qui expliquera, a n'en pas douter, les eventuelles fautes de frappe voire d'orthographe).
Et vous me connaissez (ou pas), si je prends le temps de rediger ce message dans mon emploi du temps indien de fou (potassage intensif de guidessss, etude approfondie de cartes, reflexion-decision-action), c'est pour vous livrer un message de la plus haute importance :
Petit rappel des faits. En Inde (ailleurs egalement j'en conviens), tout se negocie : bien sur, il ya d'abord le prix du petit bibelot qu'on va ramermer a Mamie (le dit bibelot a demande des heures de travail au plus fin des artisans du coin et est tres souvent de toute premiere qualite, contrairememt au meme bibelot qui trone sur l'etal du voisin). Il y a egalement la chemise speciale "safari dans le desert", tisse avec le fil le plus precieux d'Inde, recueilli par la plus douce des femmes de la tribu des tisseurs du Rajastan et de la main droite (j'imagine que le tissu qui a servi pour mon pantalon vert ou pour la jupe de Sabina a du etre ramasse de la main gauche, ils sont deja troues...) Il y a bien sur aussi les nuits a l'hotel ou encore les trajets en rikshaw et taxi (dont les compteurs sont etonnament toujours hors d'usage, la faute a pas de chance).
Vous connaissez (ou non) mon gout pour la negociation alors quand il s'agit de negocier le prix pour aller faire pipi (ou plus), je dis NON : non a la negociation sur le cours actuel de la chasse d'eau en Inde, non a la transaction financiere sur le papier toilettes (j'en profite pour remercier Anne, en notre nom a tous, qui pense judicieusement a delester chaque toilette dote de rouleaux de 3 ou 4 feuilles, pour les moments de disette en cellulose), non au marchandage des petites et grosses commissions, non non non et non. Je pensais ne jamais devoir en arriver la, mais oui, je l'affirme : la bonne veille dame pipi francaise et son prix fixe me manque.
Une dernire info pratique : le prix conseille pour l'usage de toilettes en Inde est de 2 roupies. Je me suis vu proposer hier un tarif de 15 roupies hier soir sur la route, a n'en pas douter, les latrines etaient en marbre taille par un prince cashemiree et l'eau devait etre sacree.

A part ca, tout se passe a merveille, les visites sont souvent somptueuses, les virees epiques, et les gens, pour peu qu'ils n'aient rien a vous vendre, sont adorables.
Je rends la plume a notre bloggeuse preferee.
A bientot.
Pex (Pierre)